Ould Chafi et le Maroc, pièces clefs dans ce qui se passe au Sahel

La lettre confidentielle de l’Envoyé Spécial du Secrétaire Général de l’ONU, Christopher Ross était un cri d’alarme qui a mis le Maroc dos au mur. Le contenu de la lettre a été dévoilé au Maroc par l’Elysée ainsi que le plan pour contrecarrer les bons offices du diplomate onusien. Immédiatement après, Rabat décide de brouiller les pistes en s’attaquant à l’Espagne dans la frontière de Melilla et aux activistes des droits de l’homme espagnols à El Aaiun. La communauté internationale, à travers ces activistes a eu un échantillon du quotidien vécu par les sahraouis sous le régime féodal du Maroc. 

L’arrivée de Mohamed VI au siège des Nations Unies a été marquée par le rappel à l’ordre du Secrétaire Général Ban Ki-moon : « Le Maroc doit reprendre les négociations avec le Polisario et le statu quo est insoutenable ». La réponse du Maroc a été la manipulation d’un pauvre diable dont la naïveté l’a poussé à se laisser convaincre par les imposteurs de Rabat de se lancer dans la gueule du loup et le faire oublier qu’il a trahi sa promesse de fidélité au corps de la police et qu’il est régi par la loi militaire à l’instar de toutes les institutions paramilitaires de sécurité. Ils ont fait croire qu’il était encore à la tête de la police sahraouie, alors qu’il a été limogé depuis longtemps suite au refus de ses camarades de travailler avec lui à cause de son incapacité morale et intellectuelle.

Le plan d’autonomie est mort et Rabat ne veut pas y croire et à présent il essaie de faire croire qu’une partie des sahraouis accepte l’autonomie. 

Le Maroc s’est approprié du Sahara Occidental par la violence et il compte y rester par la violence, même s’il doit commettre des attentats pour crier au loup du terrorisme. La lettre de Ross a l’avantage de changer la donne dans le processus de paix onusien, jusqu’à présent dominé par les tentatives de la France et de l’administration Bush de contourner la légalité internationale.

Avec l’Algérie, les services de sécurité marocains n’ont jamais voulu contrôler leurs frontières pour empêcher l’entrée d’armes dans le territoire algérien dans l’espoir de voir le pays voisin en cendres à cause de sa défense des frontières héritées du colonialisme et du principe sacré du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. 

Au Sahel, Moustapha Ould Chafi s’est avéré la clef dans le dénouement de toutes les crises d’enlèvement d’otages étrangers et il a joué le rôle principal dans leur libération et dans la remise de l’argent en mains des ravisseurs. Homme énigmatique et mystérieux, Moustafa était connu par ses positions contre le président Maaouiya Ould Taya. Celui-ci n’était pas apprécié au Maroc à cause de sa politique de neutralité envers le conflit du Sahara Occidental,  son refus de retirer la reconnaissance de la RASD et ses relations tendues avec le Sénégal, grand allié du Maroc et de la France. 

Ould Chafi a joué un rôle important dans la chute de Ould Taya. En juin 2003, Maaouiya échappe à une tentative de coup d’Etat téléguidée depuis Ouagadougou.  Selon Jeune Afrique, « son passé aspire méfiance » et il travaille pour Blaise. Il a « travaillé » au Togo, en 2005, et au Guinée Equatoriale en 2009, juste après le coup de Dadis Camara, pour imposer le Bourkina en médiateur. 

Mais ce qui attire l’attention le plus c’est une déclaration faite, le 23 août 2010, par le Ministre de l’Intérieur espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba et rapporté par l’agence Europa Press, dans laquelle il « remercie le Maroc pour la collaboration de ses services secrets dans la libération des trois otages espagnols ». Cette information est capitale puisqu’elle révèle l’existence d’un lien entre Ould Chafi et les services secrets marocains dont la relation avec les putchistes en Guinée et au Niger sont connues et la relation de ceux-ci avec la France n’est plus à prouver. Par conséquent, Ould Chafi et les services secrets marocains sont deux pièces clefs pour éclaircir le mystère du kidnapping au Sahel.

Les données de l’équation à résoudre sont ceux-ci : 

– Ould chef, seul médiateur et pièce fondamentale dans la libération des otages.

– Il est la marionnette de Compaoré, un grand ami de la France qui a eu la bénédiction de l’Elysée pour assassiner le Capitaine Thomas Sankara.

– Les services secrets marocains sont liés à la libération des otages, donc liés à Ould Chafi.



Le Maroc fait parti des plus mauvais élèves de la Communauté Internationale. Son régime est un expert dans la manipulation et le mensonge. Ce pays cherche, par exemple, à avoir de bonne relation avec l’UE (L’UE et le Maroc ont signé un accord d’association octroyant un statut avancé au pays maghrébin) alors que le régime monarchique de Rabat entretient de mauvaises relations avec tous les pays voisins depuis plus de 50 ans! « L’important c’est la photo », a dit Rodriguez Zapatero à Mohamed VI lors de la rencontre de New York, une phrase qui résume largement l’état des relations entre un pays démocratique européen et le régime dictatorial du Maroc.

Tout cela nous montre que le régime marocain est infréquentable dans la région et que la dynastie des alaouites qui règne sur le Maroc par le népotisme, la torture, l’assassinat et le renseignement, depuis déjà 5 décennies, ne peut pas faire du Maroc un voisin loyal et respectueux envers ses voisins. 

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