Maroc : le pouvoir à la dérive…

Par Mohamed Hifad, 2/3/2011

Modeste mise au point d’un observateur:

Le Makhzen , pour assurer ses arrières, commence à distribuer des « dons » pour les chorfas et zaouia, des parcelles pour les habitants des bidonvilles, il commence à inscrire dans toutes les provinces les chômeurs diplômés, le conseiller du roi reçoit les représentants des syndicats passant outre le dialogue stérile entre ces derniers et le gouvernement, des membres de la famille royale prennent la parole sur France 24 chez ses fidèles alliés copropriétaires avec eux du Maroc, il injecte des millions de dollars dans la caisse de compensation et le nouvel organisme qu’il crée dans ce sens entame son travail à la va-vite , il a déjà augmenté la police juste avant le déclenchement de ces événements, etc . 
On défend l’exception du Maroc sur les médias mais sur le terrain , on passe à la vitesse supérieure pour atténuer la colère du peuple. La seule possibilité qui reste pour faire vivre au Maroc une Révolution blanche résidera dans le fait immédiat de réaliser pour les Marocains ce que revendiquent haut et fort leurs frères tunisiens, égyptiens et libyens et bien d’autres à leur suite. Mais le Makhzen figé est incapable d’un tel revirement de situation d’où il sortirait bien grandi et épargnerait au peuple marocain bien des sacrifices en vie humaine .Ce serait comme tenir un langage de raison à Khadafi en ce moment .
 
Même si Mohamed VI semble apte à le faire , son entourage, en particulier les fassis, les dits alliés traditionnels du Maroc, les généraux de son père , sa constitution et ses lois restées intactes , ses gros intérêts d’homme d’affaire (…) ne le laisseront pas faire ce geste salutaire pour le peuple marocain..

Le Roi n’acceptera pas de régner et ne pas gouverner et d’être jugé le premier pour abus de pouvoir, de richesses illégales et d’accepter une limitation des richesses au Maroc sinon ce n’est pas la peine de faire une Révolution et se trouver face à des caisses vides, et refaire une autre Révolution et ainsi de suite. Il faudra fixer un plafond pour tous à ne pas dépasser et récupérer le surplus chez tout le monde en commençant par la famille royale , la première fortune du pays accumulée par des moyens illégaux sous la dictature de Hassan II et de la même manière aujourd’hui et à sa suite toutes les grandes fortunes du pays .
C’est donc désormais l’impasse : il faut choisir entre la dictature et la Révolution. Aujourd’hui, Mohammed VI commet la même erreur que son père en croyant que les revendications des marocains sont uniquement d’ordre social et économique ou veut les réduire exprès à ce niveau là alors qu’elles sont essentiellement politiques. Même s’il donne un salaire mensuel pour chaque Marocain(ne) aujourd’hui , il n’arrêtera pas ces manifestations pour la dignité et la liberté. Personne ne peut plus supporter de lui baiser la main et de venir chaque année faire des courbettes devant lui en esclave comme au moyen âge. Les Marocains ne font plus confiance au régime qui leur a menti des milliers de fois et toute réforme, même sérieuse, arrive trop tard. Si le Maroc rate le changement en ce moment, il ne le fera jamais. Tous les scénarios sont possibles aujourd’hui pour la Maroc !
 
Solidarité Maroc, 03/03/2011

 

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*