Sahara Occidental Rapport subjectif de Ban Ki-moon

Par Karima Bennour
Un procédé de Rabat qui semble s’inscrire dans le cadre de l’embargo médiatique sur l’oppression et la répression des Sahraouis réclamant leur droit à l’autodétermination. M. Ban Ki-moon dans l’introduction de son rapport sur le conflit opposant le Front Polisario et le Maroc, relève qu’«il décrit des faits nouveaux intervenus depuis la parution de mon précédent rapport en date du 13 avril 2009». Cela étant, il n’en demeure pas moins qu’à la lecture de ce rapport, les faits nouveaux évoqués par le SG de l’ONU sont épars, reflétant l’incapacité de l’ONU à assumer et assurer ses engagements depuis le cessez-le-feu, en 1991, entre les deux parties précitées. Ban Ki-moon écrit : «La situation est demeurée calme dans le territoire durant la période considérée (avril 2009-avril2010)», faisant fi des rapports et des appels d’organisations internationales des droits de l’homme, de parlementaires, de gouvernements et d’Institutions internationales «exigeant l’arrêt de l’oppression et de la répression des Sahraouis dans les territoires sahraouis sous occupation marocaine». Un rapport tendancieux qui vient conforter l’occupation marocaine du Sahara Occidental, aidé en cela par la France, alliée de Rabat et membre permanent au Conseil de sécurité. Un précédant flagrant dont Ban Ki-moon est appelé à assumer les conséquences et à faire face à la communauté et à l’opinion internationales. Pour sa part, le Conseil de sécurité, qui doit se réunir avant fin avril sur le Sahara Occidental, et en connaissance du rapport de Ban Ki Moon, est appelé à faire preuve de responsabilité en faisant valoir le droit international. Mentionnant dans son rapport que son envoyé personnel, Christopher Ross, «s’est aussi concerté avec de hauts responsables en Espagne, en France et aux Etats-Unis», M.Ban Ki-moon semble avoir pris en compte dans son document les préoccupations de Madrid et de Paris pour venir en soutien à Rabat. La France qui a tout fait en 2006 pour la non-publication du rapport de la commission onusienne des droits de l’homme dépêchée dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc, semble avoir pesé aussi dans le rapport de Ban Ki-moon. Cela s’illustre par l’absence de toute proposition relative au respect des droits de l’homme par les autorités marocaines dans les territoires sahraouis. Ban Ki-Moon a écrit que «le Front Polisario a demandé à l’ONU de mettre en place un mécanisme de contrôle, ce à quoi le Maroc s’est opposé». A ce propos, le Front Polisario, par le biais de son représentant à l’ONU, M.Boukhari, a indiqué que le rapport en question constitue «un nouvel échec dans les efforts consentis par l’ONU», en déplorant «la soumission de l’institution onusienne au pressions du Maroc et faisant fi des souffrances du peuple sahraoui». Cela au moment où l’opinion et les institutions internationales craignent le pire pour les 36 détenus politiques sahraouis en grève de la faim dans les geôles dont certains depuis le 18 mars dernier. La volte-face de Ban Ki-moon, piétinant la charte des Nations unies, ses textes, ses résolutions et ses conventions s’agissant d’une question de décolonisation inscrite à l’ONU depuis 1966, met à mal la crédibilité de cette institution. Et au représentant du Front Polisario à l’ONU de déclarer que «le Maroc a annoncé son retrait du processus de négociations en cours si la question du respect des droits de l’homme au Sahara Occidental venait à être portée par l’ONU» . Ajoutant que «le Front Polisario est amené à revoir bon nombre de questions liées à d’éventuels futurs rounds de négociations avec Rabat». Soulignant qu’à l’égard de l’ONU la confiance du peuple sahraoui «demeure encore», M. Boukhari indiquera toutefois qu’elle connaît «une détérioration».
La Nouvelle République

Photo : Les prisonniers sahraouis dans la prison de Tiznit


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